JOUR 1

Passage de la frontière bolivienne

Ce matin nous quittons le Chili et San Pedro de Atacama pour la Bolivie.

Un chauffeur passe nous chercher à notre petite guesthouse avec son mini-bus, pour nous emmener à 30km de là, à la frontière Hito Cajón.

Il est tôt, 7h environ, la température extérieure doit frôler les 0°C mais Julio (le chauffeur) n’a pas l’air décidé à mettre le chauffage. Ils sont habitués ici…

Après 40 bonnes minutes de route et de multiples « rétro-gradages » en 1ère pour négocier les épingles bien pentues, nous arrivons au poste de douane chilien à 4480m d’altitude.

Poste de douane Chilien à la frontière Hito Cajón

Ils ne déconnent pas les chiliens au niveau contrôle d’identité. Chaque véhicule entre au compte-goutte dans un espèce d’immense hangar métallique tout droit sorti d’un film de science-fiction, le temps de remplir tout un tas de formulaires administratifs dans des bureaux chauffés flambants neufs. Puis les portent s’ouvrent pour faire apparaître le poste de douane suivant, la douane bolivienne ! Et là changement de décor…

Poste de douane Bolivien à la frontière Hito Cajón

Tu comprends vite que tu n’es plus dans le même pays : la piste a remplacé la route goudronnée et l’immense hangar métallique a laissé place à une petite cahute en pierre à moitié en ruine.

Bref, nous voilà en Bolivie !

C’est sur le parking du poste de douane, que nous troquons le mini-bus de Julio contre le 4×4 de Fabio, et oui ça marchera quand même un peu mieux… Un Land Cruiser rutilant comme à la sortie de la concession, et pourtant le bolide a plus de 20 ans !

Notre bolide pour ces 4 jours

TARIF D’ENTREE DANS LE PARC NATIONAL :

Il te faudra payer 150Bs par personne (env. 20€) pour entrer dans la réserve nationale Eduardo Avaroa.
Le ticket est valable 4 jours, il n’est en général pas inclus dans le tour.

Les lagunas Blanca et Verde

La laguna Blanca

Nous découvrons les premières merveilles du Sud Lipez en arrivant à aux lagunas Blanca et Verde. Deux lagunes voisines, plus belle l’une que l’autre, dans lesquelles se reflètent de hauts sommets enneigés.

La première, immense étendue laiteuse, caractérisée par une couleur blanchâtre (d’où son nom…) liée à sa forte concentration en borax.

L'eau laiteuse, caractéristique de la laguna Blanca

Et la deuxième, la laguna Verde, dans laquelle se reflète l’imposant volcan Licancabur (5920m), tient sa couleur verte de sa forte concentration en cuivre.

Fabio, notre guide, nous propose d’aller nous promener le long des lagunes, à pieds.
« Muy tranquilo, muy lento ! » nous dit-il, et oui il ne faut pas oublier que nous sommes à 4350m d’altitude et que déjà à cette altitude le manque d’oxygène se fait sentir et le mal des montagnes peut frapper en cas d’effort trop intense.

Ca fait partie de l’acclimatation… (Lire mon article sur le mal des montagnes et l’acclimatation)

La laguna Verde et l'imposant Licancabur

Nous sommes conquis par l’immensité des lieux et le calme qui y règne est presque troublant. Aucune trace du passage de l’homme… Une pure merveille !

Le désert de Dali

Les vallées que nous traversons s’étendent à perte de vue, le 4×4 avale des kilomètres de ligne droite sablonneuse, et oui ici ce n’est pas les petites vallées encaissées de nos Alpes hein !

Nous arrivons maintenant à 4750m d’altitude, dans le désert de Dali, l’un des plus beaux déserts du monde, paraît-il. Son nom lui a été donné en référence au célèbre peintre Salvador Dali, pour la ressemblance entre certains de ses tableaux et les paysages colorés de ce désert.

Le désert de Dali et son sable rouge

Des roches rouges aux formes improbables, sculptées par le vent, des blocs de laves dispersés aux pieds des volcans, vestiges d’éruptions lointaines, des étendues de sable rouge à perte de vue… On se croirait sur une autre planète…
Tout est tellement immense que ça ne rentre pas dans le viseur de l’appareil photo !

L'immensité du désert de Dali

Les piscines naturelles de la laguna Salada

Nous reprenons ensuite la route, pour rejoindre une nouvelle lagune : la laguna Salada, et là… surprise ! Deux petites piscines naturelles surplombent l’immense lagune aux eaux turquoises et laiteuse dans lesquelles poussent quelques petites touffes d’herbes jaunes. Je vais arrêter de baratiner et plutôt vous laisser admirer le panorama !

La laguna Salada, lagune aux mille couleurs

Vous vous en doutez, ces deux piscines, que l’on appelle « les thermes de Polques » ne sont pas là juste pour la déco, donc nous sautons dans nos maillots de bain et allons tâter cette eau chaude tout droit sortie du sol.

La température de l’air doit avoisiner les 15°C (au soleil), et je peux vous dire qu’on fait moins les fiers dans nos petits slips de bain au bord de la piscine !

Le premier bassin est à environ 37-38°C et le deuxième est un peu plus chaud, pas loin des 40°C je pense.

Nous avons de la chance, il n’y a pas grand monde sur le site, nous pouvons profiter pleinement du cadre et du calme.

Les thermes de Polques, face à la laguna Salada

ATTENTION A NE PAS RESTER TROP LONGTEMPS DANS L’EAU : 20 A 30 MINUTES MAXI !

La chaleur de l’eau et sa forte concentration en sel accélèrent la déshydratation et à cette altitude elle n’est pas à prendre à la légère.
Elle accentue les symptômes du mal aigu des montagnes et peut être dangereuse.


N’OUBLIE PAS :


Les lunettes de soleil et la crème solaire (sur le visage uniquement) !
Evite de te tartiner tout le corps… ça pollue l’eau !
D’ailleurs au Chili, la crème solaire est interdite dans la plupart des sites de baignade, ce n’est pas encore le cas en Bolivie, mais fass l’effort.

Pendant qu’on faisait trempette, Fabio nous a concocté un petit repas dans les cuisines d’une « cantine » mise à disposition des guides.
Au menu crudités, poulet, purée et banane rôtie pour finir, simple mais efficace, nous repartons le ventre bien plein !

Les geysers Sol de Mañana

Les marmites bouillonnantes des geysers Sol de Mañana

Nous remontons dans le bolide et continuons toujours à prendre de l’altitude, je check l’altimètre de mon téléphone : 4500m, 4600m, 4700m… ça ne s’arrête plus ! 

Fabio nous explique que nous allons passer le point le plus haut de notre périple : un col à 4850m… 4850 ! Plus haut que le Mont Blanc ! 
Nous sommes tout excités à l’idée de passer ce premier cap, bien que ce soit en 4×4. 
A pieds, ce sera pour plus tard ! (Voir mes articles concernant les ascensions du Tunupa et du Parinacota)

Ça y est, on aperçoit au loin les premières fumerolles et surtout les premières odeurs de souffre viennent nous titiller les narines. 


En sortant du 4×4, nous découvrons des dizaines et des dizaines de cratères bouillonnant. Un champ entier de marmites remplies de boue aux couleurs improbables : du jaune, du turquoise, du rouge…

Là encore on se demande si on est toujours sur notre bonne vieille planète Terre.

Les couleurs improbables des geysers Sol de Mañana

Le site est peut-être un peu moins impressionnant (en tout cas à l’heure à laquelle nous le visitons) que celui des geysers del Tatio au Chili (lire mon article), où les fumerolles atteignaient 15m de haut, mais personnellement j’ai été plus émerveillée, ici.

CONSEIL :

En visitant le site à l’aube, la différence de température entre l’eau des geysers et l’air extérieur sera plus grande, les fumerolles seront donc plus impressionnantes.
Il paraît qu’elles peuvent atteindre jusqu’à 50m de hauteur !


ATTENTION :

Ne pas respirer les vapeurs de souffre trop longtemps, car elles sont toxiques.

La fascinante laguna Colorada

Belvédère sur la laguna Colorada

Une petite vingtaine de kilomètres plus loin, nous arrivons à la fameuse laguna Colorada.
Immense réserve de 60km2 où les flamants des Andes et les oies sauvages viennent se reproduire.
Ses eaux pourpres sont liées à la présence de nombreux sédiments de couleur rouge et aux pigments de certaines algues.

Au loin, nous pensions apercevoir des îlots enneigés, non non Fabio a vite rectifié notre connerie, ce sont juste des îlots de borax, vous vous souvenez, le même minéral qui donnait à la laguna Blanca sa couleur blanche laiteuse.

Magnifiques dégradé de couleur sur les rives de la laguna Colorada

Je vous conseille d’aller vous balader sur les rives de la lagune (pas trop près non plus pour ne pas effrayer les oiseaux) afin d’observer les magnifiques dégradés de couleurs et les milliers de flamants roses.

Magnifiques dégradé de couleur sur les rives de la laguna Colorada
Flamants des Andes
Flamants des Andes

ANECDOTE : 

La profondeur moyenne de cette lagune n’est que de 35cm !

Villamare

Cette première journée dans le Sud Lipez touche à sa fin, il faut le dire, la barre a été placée très très haute !

On en a pris plein les mirettes et on a hâte de voir la suite !



Ce soir nous dormirons chez l’habitant, nous aurons donc la chance d’avoir une chambre privative et même… une douche, mais pas n’importe quelle douche, une douche avec de l’eau chaude !

Denrée rare ici dans le désert !

Donc s’il te plait, si tu as toi aussi cette chance, par pitié, fais un brin de toilette pas plus, l’eau est chère et précieuse, encore plus ici qu’ailleurs !

Hébergement chez l'habitant pour notre 1ère nuit dans le Sud Lipez

Itinéraire de ces 4 jours et ces 1100km de pistes :

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Je m’appelle Julie, je suis passionnée de voyage, de nature & outdoor, de photo et de vidéo et j’ai créé ce blog dans le but de te donner envie de voyager un peu différemment.

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